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accusation mensongère grave ! "Les Européens ont eu l'idée folle de la Shoah, de la France et l'Allemagne."

Publié par Diatala sur 21 Février 2012, 15:27pm

Catégories : #Célèbres imposteurs et Impostures

74212092_7cc84fa7ef.jpgsource : http://www.agoravox.fr/

Depuis quelques jours, on peut découvrir sur la toile, plusieurs montages vidéo dans lesquels on peut voir M. Sarkozy faire la déclaration suivante :

"Les Européens ont eu l'idée folle de la Shoah, la France et l'Allemagne."

Au départ, me méfiant des rumeurs et des fausses informations qui circulent et prolifèrent sur Internet, comme ailleurs, j'ai spontanément pensé qu'il s'agissait, en l'espèce, d'un "faux" grossier et d'un montage vidéo manipulé et malhonnête.

Je suis donc remonté à la source de la vidéo, et j'ai pu ainsi visionner dans son intégralité, l'intervention de M. Sarkozy, le 8 février 2012, au dîner annuel du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) ; le ton et les pauses entre les différentes phrases ne laissent guère planer de doute.

D’autant que la source sur laquelle je l’ai regardée se trouve être le site Internet officiel de l’Élysée. Le discours de M. Sarkozy y est visible in extenso :

http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2012/discours-du-president-de-la-republique-a.12978.html

La phase exacte y est prononcée entre 7mn 10s et 7 mn 17 s.

Le compte-rendu écrit du discours figurant sous la vidéo, confirme qu'aucune ambiguïté n'est possible quant à l'assertion du président sur la responsabilité de la France dans "l'idée de la Shoah". Le propos complet, ainsi retranscrit sur le site officiel de l'Élysée, lève toute équivoque :

" Qui s'est plus détesté, qui s'est plus affronté à travers l'histoire de l'humanité, que les Français et les Allemands ? Où y a-t-il eu les conflits les plus barbares, les plus sanglants ? Où s'est déroulée la Shoah ? En Europe.

En Europe, pas au Moyen-Orient, en Europe avec des Européens, pas au Moyen-âge, au XXème siècle. Hier, hier, on s'est entretué, on s'est détesté, on s'est envahi, on s'est déchiré, on s'est massacré. Les Européens ont eu l'idée folle de la Shoah, la France et l'Allemagne. "

Capture d'écran du site officiel de l'Élysée {JPEG}

Quelques mots de trop, à côté desquels, on passerait presque sans s’en apercevoir, mais, qui, si l'on veut bien prendre le temps de s’y arrêter et d'en comprendre le sens, s’avèrent littéralement incroyables. En effet, à moins d’être un lecteur distrait, un auditeur inattentif, ou de tout ignorer de l’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale, de tels propos sont d'évidence, tout sauf anodins.

D'abord, car il ne s'agit en aucun cas d'un dérapage puisque ce ne sont pas des propos tenus à l'emporte-pièce, mais qu'il s'agit d'un discours lu (et d'ailleurs parfaitement assumé ; la phrase étant restitué à l'identique par écrit sur le site officiel de la présidence de la République). Ensuite parce que ces propos incriminent directement la France en l’associant nommément à "l'idée de la Shoah" ; dès lors, il me semble plus approprié de parler d'une accusation grave et mensongère, à l'égard de la France et de son Histoire.

C'est une accusation grave, car il ne s'agit pas, comme le fit M. Chirac, le 16 juillet 1995, de faire prendre à notre pays, par une reconnaissance officielle, sa part de responsabilité dans le crime que constitua sa participation à la déportation de Juifs vers les camps nazis.

Au contraire, il s'agit ici d'affirmer une responsabilité de l'Europe en général, et de la France en particulier, mise, de facto, sur un pied d'égalité avec l'Allemagne, dans la conception théorique et l'instauration du projet d'extermination des Juifs d'Europe.(" Les Européens ont eu l'idée folle de la Shoah, la France et l'Allemagne. ").

Cette formulation rend spécifiquement notre nation co-responsable du génocide des Juifs et laisse croire que les Français auraient donc été, non seulement complices, mais aussi à l'initiative de ce crime contre l'Humanité.

Théorisée et mise en œuvre par Hitler et le régime nazi, "l'idée de la Shoah" ne peut en aucun cas, être imputée à la France, et ce, même si les responsables de l'"État français" ont effectivement collaboré avec l'occupant.

Il s'agit donc, à n'en pas douter, d'une accusation mensongère.

M. Sarkozy, se livrant, ni plus, ni moins, à une inquiétante réécriture de l'Histoire qui montre que l'idéologie de la repentance perpétuelle trouve ainsi ses limites, ici, celles de la vérité historique.

Car à ce jour, , il n'existe aucun élément, aucun fait, qui permettent d'affirmer que des dirigeants français et encore moins le peuple, aient pu avoir, de près ou de loin, une quelconque responsabilité dans la conception de la "solution finale". C’est pourtant cela qu’affirme M. Sarkozy, et rien d’autre.

Encore une fois, les propos de M. Sarkozy, ne consistent pas à dénoncer la complicité active du régime de Vichy dans la déportation des Juifs, ou à dénoncer les écrits d'une partie de l'intelligentsia française, furieusement antisémite, allant parfois jusqu'à l'appel au meurtre. Non, il s'agit, bel et bien, pour M. Sarkozy, d'attribuer à la France, à égalité avec les nazis, la responsabilité de la Shoah tant dans son élaboration que dans son exécution.

Ainsi, ce discours, passé totalement inaperçu, abîme-t-il notre pays, sa mémoire et son Histoire.

En effet, par delà l'énoncé d'une contre-vérité historique flagrante, M. Sarkozy fait fi, implicitement, de la Résistance française mais aussi d'un certains nombres de faits avérés qui attestent que la France ne fût pas qu'un pays de "collaborateurs", et encore moins "d'inventeurs de la solution finale".

Comme l'écrit Serge Klarsfeld, dans son ouvrage Vichy-Auschwitz, si la majorité des Juifs de France ont échappé à la déportation, c'est grâce à "la sympathie sincère de l'ensemble des Français, ainsi que leur solidarité agissante à partir du moment où ils comprirent que les familles juives tombées entre les mains des Allemands étaient vouées à la mort ". De même, Simone Veil a rappelé, dans son autobiographie, Une vie, que la France fût l'un des pays occupés où les Juifs avaient été le plus et le mieux protégés.

De tels propos, ne sont pas seulement le fruit d’un simple ressenti, né de leur expérience intime et personnelle, mais aussi le résultat d’une étude raisonnée, approfondie et sincère de la réalité historique. Et puisqu’il faut en passer, par là, attardons-nous sur quelques données statistiques, ô combien sinistres, mais qui n’en demeure pas moins nécessaires à la bonne compréhension de l’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale et au rôle que joua la France dans le processus d’extermination des Juifs d’Europe.

Pour citer une nouvelle fois, Serge Klarsfeld, il faut savoir, que selon ses travaux*, la France comptait en 1940, 190 000 Juifs Français et 140 000 Juifs étrangers, et que de 1941 à 1944, 76 000 d’entre eux furent déportés, dont 21 000 Français et 55 000 étrangers.

Ainsi 254 000 Juifs présents sur le territoire français échappèrent à la déportation soit une proportion globale de 75% (elle s’élève à près de 89 % pour les seuls Juifs Français). A titre de comparaison, en Belgique seuls 40 % des Juifs furent épargnés, tandis qu‘au Pays-Bas, ils furent seulement 15 % à échapper à la mort, et à peine 10 % en Pologne.

Nous n’avons certainement pas à nous réjouir de ces chiffres, ni à en tirer quelque malsaine fierté nationale, pourtant, il fallait bien que cela soit rappelé afin que chacun puisse prendre conscience de la dimension profondément inique de la phrase si courte mais si lourde de sens de M. Sarkozy

Loin de moi l'idée de prétendre que l'ensemble des Français et leurs dirigeants auraient eu un comportement exemplaire durant cette période, trop de nos concitoyens, en effet, se rendirent complices de la barbarie nazie.

Cependant il reste inacceptable que M. Sarkozy puisse dans un même discours, travestir la vérité, en prétendant que la France serait avec l’Allemagne, l’instigatrice de la Shoah, tandis que par une omission coupable, il passe sous silence les comportements dignes et souvent courageux dont firent preuve nombre de nos compatriotes, "héros de la Résistance" ou "gens ordinaires".

Alors, à moins que M. Sarkozy ne reconnaisse son erreur, ou ne concède, éventuellement, une lecture malheureuse d'un discours qu'on rédigeât pour lui, il serait légitime que soit rétablie, sous peu, la vérité historique.

Pour ce faire, il conviendrait, que dès à présent l'ensemble de la communauté d'historiens, spécialistes de la seconde Guerre Mondiale, se mobilise afin d'exiger, a minima, qu'un rectificatif sans ambiguïté, soit apporté à de tels propos, indignes de tout président de la République Française qui se respecte, et surtout, respectueux de son pays et de son Histoire.

En tous cas, une telle déclaration ne saurait être passé sous silence et devrait assurément rencontrer une plus large audience.

Car, à ce jour, l’ensemble des grands médias et des représentants de la classe politique française, (pourtant présents en nombre au dîner du CRIF, au cours duquel fût prononcé ce discours), eux, d’habitude, si prompts à s’indigner à maintes occasions, n’ont daigné, à ma connaissance, s’élever contre ces propos inacceptables.

Tom Joad 

Post scriptum : S'agit-il, en l'espèce, d'un cas d'amnésie présidentielle ? Il convient de se poser la question si l'on compare le récent discours de M. Sarkozy au dîner du CRIF, et ce qu'il disait sur le même sujet, au cours de la campagne présidentielle de 2007. Voici, par exemple, ce qu'il déclara lors de son meeting à Caen, le 9 mars 2007 :

" La France n'a jamais exterminé un peuple ! La France n'a pas inventé la solution finale ! La France n'a pas commis de crime contre l'Humanité ! La France n'a pas commis de génocide ! "

*Cités par Jean Sévillia dans son ouvrage Historiquement correct, Éditions Perrin, 2003

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