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Palestine, le nettoyage ethnique

Publié par Diatala sur 15 Avril 2009, 12:11pm

Catégories : #Gaza - Palestine

 L’injustice, l’humiliation, la violence, les crimes, la violation du droit international et celui des droits de l’Homme ne sauraient rester sans être dénoncés inlassablement... même si certains s'obstinent dans le négationnisme le plus évident alimenté par le racisme et la xénophobie. C’est pour cela qu’il est important de rappeler ou d’apprendre à ceux qui l’ignorent certains faits et moments tragiques de  l’histoire du drame palestinien orchestré et perpétré par le mouvement sioniste.  

Israël, pourvu aujourd’hui du pire des gouvernements fascistes, avec aux Affaires étrangères, le fou de Liberman et sa haine viscérale pour les Palestiniens, vient de renvoyer le processus de paix, certes bidon, d’Annapolis aux oubliettes. La paix n’est plus à l’ordre du jour et le nettoyage ethnique a toutes les chances de se poursuivre sous les yeux d'une communauté internationale devenue délibérémment aveugle et sourde face aux massacres et aux cris de souffrance d'un peuple innocent à qui l'on vole la terre en toute impunité.

- Nettoyage ethnique -  nié par certains et dénoncé par d’autres.

Ilan Pappe, titulaire d'un doctorat à l'Université d'Oxford, fils d’Allemands juifs ayant fuit le nazisme dans les années trente pour s’installer en Israël, est l’un des - nouveaux historiens – israéliens. Dans un livre intitulé - Le nettoyage ethnique de la Palestine - il retrace avec l’aide de témoignages directs et d’archives la vérité sur cette tragédie, le calvaire de ce peuple et la vérité sur ce qui s’est vraiment passé.
Et toujours pour s’instruire, voici un article qui a été rédigé pour - Palestine Chronicle.com - par Iqbal Jassat, Président de Media Review Network (MRN), basé à Pretoria, qui rappelle le rôle joué par David Ben Gourion dans ce plan machiavélique du dessein pour un Grand Israël sioniste.



Quand ils firent irruption dans le village, les soldats arrosèrent les maisons à la mitrailleuse, tuant de nombreux habitants. Les villageois restants furent rassemblés dans un même lieu et assassinés de sang-froid, leurs corps odieusement traités, plusieurs femmes violées puis tuées.

Selon le plan Daleth, l’armée juive devait expulser de force les Palestiniens de leurs maisons et de leurs terres en utilisant diverses stratégies préétablies
Quand ils firent irruption dans le village, les soldats arrosèrent les maisons à la mitrailleuse, tuant de nombreux habitants. Les villageois restants furent rassemblés
dans un même lieu et assassinés de sang-froid, leurs corps odieusement traités,
plusieurs femmes violées puis tuées.

 Le procès-verbal d’une réunion de l’exécutif de l’Agence juive du 12 juin 1938 enregistre une déclaration effrayante de David Ben Gourion :

« Je suis pour le transfert forcé ; je ne vois rien là d’immoral. »

Ben Gourion, sioniste fervent, était émigré de Pologne où il est né en 1886. Depuis son arrivée en Palestine à l’âge de 20 ans, Ben Gourion était pressenti pour devenir non seulement le fondateur de l’Etat d’Israël et son premier Premier ministre, mais aussi le cerveau du nettoyage ethnique de la Palestine.

Dans son journal, à la date du 12 juillet 1937, Ben Gourion indique à son fils l’unique moyen d’action ouvert au sionisme : « Les Arabes devront s’en aller ». Mais pour que cela se produise, il fallait un moment propice.
Pappe décrit ainsi Ben Gourion : de petite taille, avec une lourde crinière blanche rejetée en arrière, invariablement vêtu d’un uniforme kaki.

Pour donner un sens à la politique actuelle israélienne sous la direction droitière de Benjamin Netanyahu qui reste inébranlable dans son déni des droits palestiniens, il est important de bien saisir quelle était l’intention néfaste de ses prédécesseurs. Les dirigeants sionistes, comme Ben Gourion, lancèrent et réalisèrent des actions concrètes pour vider la Palestine de son peuple originaire. Il faut également rappeler qu’entre 1919 et 1933, après l’immigration de plus de 35 000 sionistes vers la Palestine, les Juifs détenaient moins de 3% des terres et représentaient 12% de la population.

C’est-à-dire que, au moment où la Société des Nations a approuvé le mandat de la Grande-Bretagne sur la Palestine en 1922, un recensement britannique de la population de la Palestine la répartissait ainsi : 78% de musulmans, 11% de juifs, 9,6% de chrétiens, pour un total de la population de 757 182 habitants.

Les faits historiques qui retracent l’injustice commise à l’encontre des Palestiniens originaires de cette terre par les émigrés juifs ont malheureusement été relégués dans les simples notes de bas de page.

Et pourtant ces notes sont très révélatrices, en dépit des efforts d’Israël et de ceux qui le soutiennent pour les rayer de la mémoire.

Un autre message inquiétant est celui attribué au dirigeant sioniste Jabotinsky qui écrit en 1939 : « ...les Arabes doivent faire place aux juifs dans le Eretz Israël. S’il a été possible de transférer les peuples baltes, il est également possible de déplacer les Arabes palestiniens. »

Ainsi, c’est il y a des décennies que la dynamique pour un Etat exclusivement juif - laquelle a conduit à la Nakba, ou catastrophe, - a été ancrée dans l’idéologie sioniste.

Et le massacre de Deir Yassin résulte d’un plan de nettoyage ethnique, le plan Daleth (plan D). L’étude de Pappe sur cette épouvantable tragédie du 9 avril 1948, quand les forces juives envahirent ce village pastoral et massacrèrent ses habitants, montre toute une série d’opérations visait alors à nettoyer le secteur.

«  Quand ils firent irruption dans le village, les soldats arrosèrent les maisons à la mitrailleuse, tuant de nombreux habitants. Les villageois restants furent rassemblés dans un même lieu et assassinés de sang-froid, leurs corps odieusement traités, plusieurs femmes violées puis tuées. » (Le nettoyage ethnique de la Palestine - Fayard - p. 128).

Selon le plan Daleth, l’armée juive devait expulser de force les Palestiniens de leurs maisons et de leurs terres en utilisant diverses stratégies préétablies : intimidation à grande échelle ; siège et bombardement des centres de population ; incendie des maisons, des biens et marchandises ; expulsion, démolition ; et pour finir, pose de mines parmi les décombres pour empêcher tout retour des habitants expulsés.

En plus de Ben Gourion qui affirmait avec insistance au congrès sioniste de 1937 que le « transfert », ou nettoyage ethnique, sera la condition sine qua non pour rendre un « projet d’implantation (juive) globale » réalisable, trois ans plus tard, Yosef Weitz, notait dans son journal :

« Il doit être clair pour nous qu’il n’y a pas de place en Palestine pour ces deux peuples. Aucun ‘développement’ ne nous conduira à notre objectif pour une nation indépendante dans ce petit pays. Sans les Arabes, la terre sera vaste et spacieuse pour nous ; avec les Arabes, la terre restera rare et exiguë. » (Jonathan Cook, dans son dernier livre Faire disparaître la Palestine).

Il est très instructif d’apprendre que pour les chefs militaires juifs, il était parfaitement entendu que leurs opérations contre les Palestiniens se résumaient ainsi : tihur (purification), biur (élimination) et nikkuv (nettoyage).

Cook affirme qu’ils n’ont pas attendu le départ des Britanniques pour faire avancer leur programme de nettoyage ethnique. Quand les Britanniques sont partis, le 15 mai 1948, les forces juives avaient expulsé ou contraint à prendre la fuite un quart de million de Palestiniens et occupé 200 de leurs villages.

Le massacre de Deir Yassin a accentué l’exode déjà massif et, comme les opérations d’expulsions s’intensifiaient, Ben Gourion a vu, observe Jonathan Cook, le parti à tirer d’une extension de la guerre au reste - le plus important - de la Galilée où vivaient quelque 100 000 Palestiniens, plus des dizaines de milliers de réfugiés qui avaient fui les combats, territoire qui avait été attribué à l’Etat palestinien dans le plan de partition.

« Alors nous serons en mesure de nettoyer l’ensemble de la Galilée centrale, avec tous ses réfugiés, d’un seul coup, » a annoncé Ben Gourion.

Il est vain pour les sionistes et les apologistes d’Israël de nier l’histoire sordide de ce démantèlement, de cet emprisonnement et de cette paupérisation du peuple palestinien, que de nombreux historiens et écrivains ont décrit comme un travail sans relâche de destruction de la Palestine en tant que nation.

Iqbal Jassat pour Palestine Chronicle

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